La plateforme nouvelle est arrivée

Si vous êtes membre d’un groupe d’appui de la France insoumise, vous avez peut-être constaté quelques changements ce matin.

Travolta, confus par son environnement
Rare image d’un·e insoumis·e découvrant la nouvelle plateforme ce matin

Nous venons de mettre en ligne des changements qui sont le résultat de plusieurs mois de travail. Nous allons vous présenter ces nouvelles fonctionnalités et celles à venir. Mais avant, accrochez-vous pour un petit retour sur l’histoire de la plateforme de la France insoumise.

Au commencement était la plateforme.

La plateforme a été lancée le jour de l’annonce de la candidature de Jean-Luc Mélenchon, le 10 février 2016. Elle offrait alors les fonctionnalités suivantes :

  • Le système d’appui à la proposition de candidature
  • La possibilité de faire un don en ligne
  • La création et recherche de groupes d’appui
  • La création et recherche d’événements locaux
  • Les divers formulaires d’informations
  • Les outils de contribution à l’élaboration du programme

L‘outil de commande de matériel a été mis en ligne dans les jours qui ont suivi.

Pour la France insoumise, la plateforme a toujours été bien plus qu’une simple présence du mouvement sur internet. Au contraire, c’est l’outil qui a permis au mouvement de se constituer à partir de rien. La France insoumise, ce sont avant tout les groupes d’appui qui la constituent, et les événements que ceux-ci organisent, à l’aide des outils numériques à leur disposition.

Si vous avez lu la presse à ce sujet, vous savez peut-être que cette plateforme était basée sur l’outil NationBuilder. Début 2016, étant donné les forces en présence [NDG: un développeur sur son temps libre et pas beaucoup d’argent dans les caisses de la FI], c’était le meilleur choix pour obtenir toutes les fonctionnalités nécessaires à la création du mouvement.

Très rapidement, on a su qu’à long terme, l’objectif serait de remplacer une à une les fonctionnalités de NationBuilder par des fonctionnalités que nous aurions développées nous-même. Déjà, parce que l’ampleur qu’a pris le mouvement nous a vite amenés aux limites de l’outil. Ensuite, parce qu’il était clair que nous souhaitions nous orienter à terme vers du logiciel libre, en conformité avec l’Avenir en commun.

Le tumulte de la campagne

Mais améliorer une plateforme, pendant une campagne présidentielle, c’est compliqué. Entre l’orga des événements nationaux et les sites thématiques à mettre en ligne à la dernière minute, cela nous laissait pas beaucoup de temps, alors même que nous étions plus nombreux qu’aujourd’hui (coucou Florian et Alexis 👋👋)

Kermit la grenouille tapant frénétiquement sur sa machine à écrire
Rare image d’un·e développeur·se tentant d’avancer un peu entre deux événements nationaux

Malgré tout, au cours de la campagne, nous avons ajouté à notre système :

  • une nouvelle plateforme de dons (celle de NationBuilder ne répondait pas aux exigences de la loi électorale française passée la date d’ouverture des comptes de campagne)
  • une nouvelle carte des groupes d’appui et des événements locaux (avec les petits points bleus qui bougent quand on zoom) : cela devenait indispensable étant donné le nombre de groupes d’appui
  • les systèmes de consultations des insoumis pour la Convention de Lille et le second tour de l’élection présidentielle
  • un site d’actus plus joli que celui de NationBuilder
  • un outil de rédaction de mail pour les newsletters (nos mails étaient beaucoup plus beaux à la fin qu’au début)
  • la bascule de l’essentiel de la partie « contenu » du site (page d’accueil comprise) sur le même système que le site d’actus. Cela permettait une prise en main plus facile de la publication par chacun membre de l’équipe. C’était un gros chantier, mais cela nous a soulagé de beaucoup de travail de mise en ligne que nous effectuions nous même auparavant.
  • le site du programme avenirencommun.fr
  • le site des caravanes
  • un site de mise en relation des insoumis⋅es pour les procurations
  • la vente de places de cars pour les meetings, et de tickets pour les amphis sur le site de matériel
  • on est devenu potes avec le Discord insoumis et on a bossé (enfin ielles ont surtout bossé, merci à elleux 👏👏) ensemble sur le Mélenphone (maintenant Fiphone)
  • et plein d’autres petites améliorations de jour en jour
  • une API
  • un système Oauth2 d’authentification unique qui a servi pour le Mélenphone

Ce qui est fou, c’est qu’on a même pas eu de gros soucis techniques durant ces longs mois (bon une fois, on a allumé un firewall avant d’ouvrir le port SSH, et on a passé une mauvaise nuit.)

À l’issue des campagnes présidentielles et législatives, nous n’utilisions plus NationBuilder pour la plupart des fonctionnalités, à part l’essentiel : les groupes d’appui et les événements. Afin d’achever le travail, nous avons donc mis les bouchées doubles cet été.

Les nouveautés

Nous sommes aujourd’hui très fiers de vous présenter cette plateforme toute neuve, mise en ligne au cours de la nuit. En voici les principaux changements :

  • plus de NationBuilder. Tout tourne sur des outils maison ou libres, tout est maintenant hébergé en France !
  • de nouvelles sections pour visualiser rapidement les groupes dont vous êtes membres et les événements auxquels vous souhaitez participer
  • des nouveaux écrans de contrôle pour les groupes et événements. Il est maintenant facile d’afficher la liste des membres, de nous indiquer le nom des animateur⋅ice⋅s, ou de désigner d’autres membres
  • une rénovation de la gestion des groupes d’appui et des événements : vous pouvez modifier les informations de votre groupe ou événement, sans avoir besoin d’utiliser le formulaire de contact
  • les pages sont beaucoup plus rapides à se charger
  • un nouveau système de connexion : plus de mot de passe nécessaire, la connexion se fait via un message reçu dans la boîte mail (et on va encore simplifier ça bientôt)
  • tous nos sites sont enfin en https:// (merci letsencrypt)

La suite

Cette étape importante derrière nous, nous avons la voie libre pour mettre en œuvre plein de nouvelles fonctionnalités.

Au cours des amphis d’été, nous avions tiré au sort une trentaine de participant⋅e⋅s pour réaliser ce qu’on appelle des tests d’utilisabilité : faire réaliser par ces personnes, sans intervention de notre part, un certain nombre de tâches habituelles (chercher un groupe d’appui, créer un événement, réaliser un don…). Ces tests nous ont beaucoup appris, et nous ont permis de mieux comprendre les difficultés que certain⋅e⋅s d’entre vous rencontrent avec la plateforme.

Par ailleurs, vous avez été nombreux⋅ses, par message, par courrier, par téléphone, dans nos groupes d’appui, au moment des événements, à nous faire part de vos idées, critiques, suggestions, agacements, félicitations et difficultés avec la plateforme.

Tout ceci a rempli de nombreuses pages de petits carnets que nous avons organisé au fil du temps. Nous avons maintenant une idée plus claire des besoins du mouvement. Voici les trois directions prioritaires que nous avons identifiées :

  • rendre la plateforme plus facile à utiliser
  • rendre les groupes d’appui autonomes pour un maximum d’opérations
  • faciliter la communication dans les groupes et entre les groupes

Vous pouvez donc vous attendre à voir apparaître peu à peu des nouvelles fonctionnalités ! On reviendra ici vous les annoncer 😉

Arthur & Guillaume, co-responsables de la plateforme

«Comment le numérique est-il devenu le cœur d’une élection nationale ?»

(il n’y a pas de son au début, c’est normal)

Durant les amphis d’été de la FI, j’ai participé le samedi matin à une conférence intitulée «Comment le numérique est-il devenu le cœur d’une élection nationale ?». Je n’avais pas eu l’occasion depuis longtemps de prendre la parole en public pour expliquer les liens entre notre stratégie de campagne et les outils numériques. C’était super intéressant pour plusieurs raisons :

  • Déjà parce que les autres intervenant⋅e⋅s, Louise et Johan, étaient super intéressant⋅e⋅s (Johan a présenté le contexte des outils dits de «civictech» et a présenté des solutions pour les groupes d’appui, et Louise a parlé du numérique comme object de débat durant la campagne présidentielle).
  • On a pu aborder la question de la place de la plateforme dans le mouvement de manière approfondie : nous utilisons le numérique d’une manière très différentes des autres forces politiques.
  • Les questions de la fin ont été très utiles pour compléter le travail que nous avions fait la veille avec Arthur au cours de notre atelier pour évaluer les besoins en fonctionnalités des groupes d’appui.